RSE facteur de compétivité

Invité par BREF ECO à la 5e édition des RENCONTRES DE L’ENTREPRISE RESPONSABLE, j’ai assisté à une matinée d’échange autour du thème de la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises).

La conférence qui m’a le plus séduite bien entendu fut « La RSE comme facteur de compétitivité ».

Parmi les invités de cette matinale :

  • Pierre VICTORIA, Directeur développement durable de VEOLIA
  • Delphine DURAND, Senior CSR analyst chez ECOVADIS
  • Hélène VALADE, Directeur RSE au sein de SUEZ
  • Christophe CATOIR, CEO de ADECCO GROUPE France
  • Dominique ASSELOT, Délégué emploi régional EDF
  • Marc HALEVY, Physicien et philosophe

J’ai une profonde admiration pour Marc HALEVY qui est souvent un référent. Il ouvre la session en abordant le sujet par 5 ruptures qui font que notre modèle économique d’aujourd’hui (pour ne pas dire d’hier) est désormais dépassé pour écrire un nouveau mode économique basé sur les hommes et les besoins des hommes.

Réussir sa vie n’est plus réussir sa carrière pour exister !

Il étaye sa pensée et sa proposition en abordant les 5 ruptures suivantes :

  • Rupture écolo – démographique
  • Rupture techno économique
  • Rupture politico organique
  • Rupture historico paradigmatique
  • Rupture philosophico éthique

Si je devais retenir les points clefs de son intervention, je vous dirai : l’immédiateté (tout, tout de suite), la gestion du temps (mondialisation), la méfiance face à la technologie, l’agilité comme mode d’innovation au sein de l’entreprise, mais surtout les hommes ; la méconnaissance du dirigeant des talents et des savoir-faire qui sont dans son entreprise (40% !) et la raréfaction des ressources.

La proposition est l’enthousiasme face à ce Nouveau Monde !! Si pour nos séniors, il y a eu les trente GLORIEUSES, puis les 20 FABULEUSES jusqu’à 2007 ; le nouveau mode qui s’écrit est ultra rapide et cette intelligence artificielle avance tellement plus vite que nos intelligences humaines. Et c’est en cela que ce qui arrive, qui est déjà arrivé, est totalement à construire. À construire ENSEMBLE !!

Ce ne sont plus des objectifs que nous avons à atteindre, mais des défis à relever ! Il faut agir pour avancer, transformer nos métiers. D’ailleurs en matière de recrutement, il nous faudra embaucher des talents que nous complèterons par des formations spécifiques et surtout en adéquation avec le besoin du moment.

Le frein reste la résistance aux changements (pas que pour nos collaborateurs !). C’est là que la RSE est un moteur très fort pour ce faire. Pas seulement pour nos organisations, mais aussi pour nos clients et nos partenaires. Nous devons changer notre relation avec eux et nous impliquer dans leur réussite pour que la nôtre soit efficiente et collaborative.

La transition numérique que nous traversons nous demande aussi de la vigilance, tout n’est pas bon, et surtout comment communiquons-nous avec nos clients et nos collaborateurs pour créer du bien-être et de la valeur ajoutée ?

Réinventer notre métier sera courant, indispensable sans oublier notre savoir-faire auquel il faudra désormais ajouter notre SAVOIR ÊTRE ! Pour cela il nous faudra rendre nos entreprises agiles avec la RSE.

Réussir sa vie ne sera plus réussir dans la vie. Au paraître sera opposé l’ETRE. Et nous le voyons déjà avec les nouvelles générations. L’intelligence artificielle qui nous accompagnera au quotidien dans tous les actes de notre vie dès demain, ne sera que s’il y a des hommes.

Il y a tant de talents ignorés dans les entreprises, et je le vois à chaque mission que je vis au côté du dirigeant qui à chaque fois reste étonné des découvertes qu’il fait de ces collaborateurs alors qu’il les côtoie depuis des années dans un climat qui lui semble excellent !!

L’agilité sera de faire, sans parler de sur-mesure, de toute petite série pour être adapté au marché, pour avoir la réactivité aux innovations, aux besoins en mouvement perpétuel. Instauré dans l’entreprise, l’intelligence collective, l’intelligence émotionnelle comme vecteur commun et de développement tant individuel que collectif.

Le plaisir au travail sera un atout fort du développement de la réussite commerciale et économique. Pour information, et c’est mesuré, un collaborateur produit de 40 à 80% de son temps de travail ! Vous rendez vous compte de la productivité qui vous échappe alors que vous cherchez toujours ailleurs plus de rentabilité !

Cependant, ne soyons pas naïfs dans notre mode de management. La finance sera toujours indispensable dans la gestion de notre entreprise, mais c’est du court terme, il nous faut garder cette valeur, mais cette réussite passera également par le SENS !

Il est probable que le salariat vit ces dernières années sous sa forme actuelle, ce qui prévaut désormais c’est l’employabilité, un management humain qui tient la route et qui sait donner une fois encore le SENS, mais aussi l’ENVIE.

La Vison et l’Ambition ne sont plus écrites que par le dirigeant, mais partagées par son CODIR et par l’ensemble des collaborateurs. La liberté de vivre, de travailler, de s’épanouir.

À cela s’ajoute à mon sens la diversité, l’égalité vraie des hommes et des femmes dans nos entreprises. Il faut nourrir la PASSION, l’ENVIE, l’ÉMOTION.

Au-delà de ce que j’ai retenu de cette matinale, je souhaitais vous faire partager ma croyance, mon expertise, parce que c’est mon quotidien, et ce que je vis auprès de mes clients. Il faut une volonté du dirigeant pour retourner son entreprise, la mettre face à ces prochains enjeux, créer du lien et du sens, faire de l’innovation un vecteur incontournable avec nos hommes et nos femmes qui sont nos richesses.

L’uberisation, la digitalisation, l’intelligence artificielle, si ce sont des contraintes à l’instant ; demain ce sera notre capacité à créer, à innover, à écrire une nouvelle histoire humaine.

Ce que je vous régulièrement depuis des années, lors de fusion ou acquisition, c’est que toute l’opération est bouclée par les avocats, notaires, banquiers, experts-comptables, fiscalistes, assureurs, et qu’il y a un critère qui n’est jamais (ou presque) pris en compte, ce sont les hommes qui composent cette entreprise. Et oui, ce n’est pas quantifiable, mais combien d’échecs par ce que les hommes n’avaient pas « envie » ou peur !!

Je conclurais une nouvelle fois avec Antoine Saint Exupéry : «  Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et tes femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire ou trouver les choses. Si tu veux construire un bateau, fais naitre dans le cœur de tes hommes et de tes femmes l’envie de la mer » !

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